Village saint-pée sur nivelle

Le château

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Le château des seigneurs de Saint-Pée

Le château de Saint Pée a été pendant longtemps le siège d'une seigneurie dont les possesseurs ont joué un rôle des plus importants dans l'histoire du Labourd. On a de renseignements précis qu'à partir du 12ème ou du 13ème siècle.
Une mention qui en est faite en 1170, à l'occasion de la soumission du Labourd à la domination anglaise, autre mention en 1247, lorsqu'une nouvelle dynastie se forme avec les Sault d'Hasparren.

C'est le 5 juin 1403 qu'en récompense de services rendus en Angleterre, le roi Henri IV accorde à Jean d'Amesqueta, seigneur de Saint Pée, de nombreuses faveurs :

"Le Palais de Westminster à Johan de Saint Pée :

Accorde par la grâce spéciale du roi et sous le grand sceau, une licence, à Johan d'Amézqueta, seigneur de Saint-Pée, pour construire sans empêchement du roi et de ses officiers sa maison et sa tour en pierre en plein air campagne à une hauteur de dix brasses (bracea), ce qui est au-dessus de la hauteur habituelle de cinq brasses et d'un tiers d'un bras au Labourd pour un tel édifice."

En 1449 les troupes de Gaston IV de Foix-Béarn et Lautrec, au nom du roi de France, envahissent le Labourd et se portent sur la maison forte de Saint-Pée qui est pillée et brûlée ainsi que les moulins en dépendant.
Pendant la guerre franco-espagnole de 1525 conduite par Philibert de Chalon, le château se dégrade.
Le 1er mai 1793, le château est ravagé et pillé lors d'une incursion espagnole venue du col d'Ibardin.

Photo actuelle du château

Photo aérienne du Château

Description du château

Le château se présente comme un robuste édifice rectangulaire (environ 15m x 7m) construit en moyen appareil régulier.
Ses murs ont de 1,5m à 2m d'épaisseur.
Il est pourvu d'un ensemble de baies de différentes époques du Moyen Âge réparties sur quatre niveaux d'élévation, auxquelles s'ajoutent des percements ultérieurs.
Des vestiges importants de structures attenantes, dont une tour circulaire, permettent de reconstituer les partis généraux de l'édifice et la chronologie de ses aménagements.
Le corps de logis était de plan carré (environ 19m de côté), et refendu par un mur épais de 2m déterminant deux salles jumelles.
La salle Nord, aujourd'hui ruinée, était flanquée à l'ouest d'une tour oblongue en partie conservée. Au rez-de-chaussée de celle-ci se trouve la porte d'entrée du château, en berceau surbaissé de l'épaisseur du mur.
L'arc de tête, en tiers-point, est constitué de claveaux gigantesques (1m de développement radial) qui s'appuient sans impostes sur des jambages de même importance.
Le passage d'entrée a disparu.
Une grande arcade, tardivement reprise en plein cintre, l'ouvrait au sud sur la petite cour intérieure qui borde la salle à l'ouest et dont il ne subsiste que quelques éléments de clôture.
On accède au rez-de-chaussée du corps de logis depuis la tour d'entrée. Dans l'état qui semble le plus ancien, le corps de logis était doté de quatre niveaux d'élévation séparés par des planchers et ne communiquant qu'avec des échelles.
Aujourd'hui les ruines du château sont envahies par la végétation. Proche du grand parking du bourg et voisin du stade de Saint-Pée. Une haie d'arbres le masque malheureusement de la vue.
Inscription de la Tour à l'inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 4 juin 1925

Aujourd'hui les ruines du château sont envahies par la végétation, proches du grand parking du bourg et voisines du stade de Saint-Pée.
Une haie d'arbres les masquent malheureusement de la vue.
La Tour a été inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 4 juin 1925

Le château au début du XXè

Photo du château tel qu'il était au début du XXè siècle

Plan du château

Plan du Château

Photo du château

Photo du Château avant qu'il ne soit totalement envahi par la végétation

En 1609, le château et les « sorcières » selon de Lancre

L'inquisiteur nommé par Henri IV fut le juge DE LANCRE de Bordeaux avec tout pouvoir pour arrêter, juger, condamner et brûler.

Cet inquisiteur obnubilé par le Diable, vit dans les coutumes des Basques la tentation permanente de Satan. Ce qu’il leur reprochait semble incroyable. Les femmes avaient un statut trop libéral et portaient des coiffures phalliques. Les basques des deux sexes aimaient les danses en rond, fumaient et buvaient du cidre. Pourquoi le cidre ? Simplement parce qu’il est fait avec du jus de pommes, le fruit du péché offert par Ève à Adam !
Le juge bordelais chercha partout dans la province du Labourd et en particulier sur la montagne de la Rhune, les Akelarre (lande du bouc) où les sorcières étaient sensées se réunir pour le sabbat. Il interrogea plus de cinq cents enfants, encouragea la délation et fit arrêter des centaines de femmes. L’accusée était confrontée au seul juge assisté d’un greffier. Soumise aux tortures de la question, elle devait non seulement avouer ce qu’elle n’avait pas fait, mais raconter une histoire fantastique dont elle devinait peu à peu les contours monstrueux à travers les demandes dont le juge la harcelait. Celui-ci s’appuyait sur différents traités de lutte contre la sorcellerie dont « le marteau des sorcières » écrit en 1487 par deux moines dominicains. À Saint-Pée, le bûcher les attendait sur la place où vous vous trouvez. De Lancre parcourut ainsi la région pendant trois longs mois, semant la terreur sur son passage. Heureusement sa mission fut interrompue à Saint Jean de Luz par la révolte brutale de milliers de marins revenus de leur saison de pêche à la morue en Terre Neuve. Il dut rentrer à Bordeaux.

Dessin du Château
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