Village saint-pée sur nivelle

Suite au serment des garde-bois, un Etxko Jaun manifeste très vivement son mécontentement. Les conseil municipal décide de le sanctionner.

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9 janvier 1791. Délibération précédent Délibération suivante
Aujourd'hui les membres composant le conseil général de Saint-Pée étant assemblé au lieu ordinaire de leur séance pour y recevoir le serment des garde-bois par lui nommés en attenant que l'assemblée nationale ait formé un régime pour leur administration.
Le sieur de la maison de Chabaten-Etcheverria de ce lieu serait entré dans la salle du dit conseil sans y avoir été invité ni appelé par qui que ce soit et il y dit qu'il offrait de garder la partie de bois de Hergaray moyennant une somme de 60 livres par an, sur quoi on lui a répondu qu'il n'était point de l'honneur du conseil général d'accepter de pareilles offres parce qu'à l'envie des uns et des autres plusieurs particuliers pourraient faire de pareilles offres et qu'assurés qu'ils seraient d'un modique salaire ils négligeraient de veiller avec exactitude sur la partie de bois qui leur serait confiée comme il devrait l'être. L'expérience de plus de 50 pour satisfaire de cette réponse, le dit sieur de Chabaten-Etchereverry nous a quitté d'un air menaçant sur l'ordre qui lui a été donné de se retirer, apostrophant d'une manière insolente un des membres du dit conseil et nous disant que nous étions sans doute les maîtres absolus de toute l'administration nous disant enfin que nous n'avions qu'à sortir et que l'on verrait. A peine ce particulier est-il sorti du lieu de nos séances que le sieur Jaureguibery officier municipal nous a dit :
- "que se retirant le 6 du présent mois avec GUITY habitant de la paroisse, son voisin, il fut arrêté par le sieur CHABATEN-ETCHEVERRY et son fils devant la maison de BETRIENE BEHEREA de ce lieu où le père et le fils se permirent de vomir contre lui les injures les plus atroces en l'accusant d'être le dissipateur des biens communaux."
- "que s'il irait par crainte de déshonorer son caractère et l'emploie honorable auquel le voeu de la commune l'a posée, il se serait porté à des excès que sa vivacité lui inspirait mais que par un retour heureux sur lui-même, il retint son animosité plus par le désir qu'il conçut dans un moment d'en dresser procès-verbal et l'espérance où il était qu'une pareille démarche servit punir par Messieurs les administrateurs du directoire du district que par la craint que lui inspirait le bâton que le dit fils s'était déjà permis de lever contre lui."

Sur quoi, il a été dit qu'on ne peut se dissimuler qu'il existe une classe de citoyens accoutumée à vivre de la dilapidation continuelle de nos bois communaux qui se permettent de tenir des propos séditieux par lesquels ils calomnient les vues bienfaisantes que nous venons d'exprimer dans la délibération prise dans le courant du mois dernier concernant l'administration des forêts communales que nous avons déjà adressé à messieurs les administrateurs du département pour pouvoir être ramené exécution que ce n'est pas par ces exemples que nous pourrons espérer ramener les gens mal intentionnés à l'obéissance de l'administration et qu'il est pour nous d'une nécessité absolue d'étouffer dans leurs principes les germes de mauvaises intentions afin d'éviter par la suite de plus grands troubles qui entraineraient la désolation parmi des concitoyens et qu'enfin on manquerait aux devoirs les plus essentiels de notre ministère si on tolérait la conduite scandaleuse du dit sieur de Chataten-Etcheverry.

Nous avons délibéré après avoir entendu M. LOUSTEAU procureur de la commune ce qu'il suit :
1 - Qu'il soit dressé procès verbal des menaces qui viennent de nous être faites par le sieur de Chataten-Etcheverry.
2 - Que le rapport que nous a fait le sieur Jaureguiberry premier officier municipal soit dans le dit procès verbal.
3 - Qu'il soit envoyé une expédition à Messieurs les administrateurs du directoire du district pour par eux infliger telle peine que..... sieur de Chataten-Etcheverry qu'à son fils.
4 - Enfin qu'en cas ou Messieurs les administrateurs du directoire ne voudraient point prononcer que le dit sieur Jaureguiberry officier municipal ait fait preuve de la vérité de son rapport ces messieurs seront priés de nommer un commissaire à l'audition des témoins qui seront présentés ou de vouloir bien ordonner que les dits témoins se rendront devers eux pour être entendus.

Fait et passé le sus dit jour et an, l'assemblée du conseil général de la commune de Saint-Pée tenant composé de MM. DURONEA maire, JAUREGUIBERRY, MOLERES et BEHOLA officiers municipaux, LOUSTEAU procureur de la commune, DARRETCHE maître en chirurgie, GOYETCHE, MARTINENA, CINQUALBRES, BESSONNART, LARRETEGUY, LISSARRAGA, DARAGORRY, DARGORRY l'ainé et CASTAIN notables tous formant la majorité du conseil général de la commune et ont ci-signé tous ceux qui les savent avec nous secrétaire greffier de la municipalité. Pour voir l'original

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